28 septembre 2004

Voyage, Voyage

(le 71ème jour)

Vous croyiez que j'allais vous parler de la grosse daube des années 80 qui s'est vendue à je ne sais combien de centaines de milliers d'exemplaires et a fait la fortune de son producteur, à défaut de celle de son interpréte? Gnniiiiiii...perdu. Vous pouvez retirer ce doigt enfoncé jusqu'à l'omoplate, ce n'est pas très esthétique. Et puis ça doit faire mal.

Prenez votre temps, on n'attend que vous. A y'est? Cool.

Bon, aujourd'hui 28 Septembre est sorti en France un album d'un groupe allemand nommé Rammstein. Cet album s'appelle "Reise, Reise" que l'on pourrait traduire par "Voyage, Voyage". D'où le titre de cet article. Tout se tient, en fait.

J'entends certains d'entre vous d'ici: "Wouah, l'allemand, c'est une langue de barbare, je le sais, j'ai vu tous les "7ème companie".

Et d'un, avec de telles références, on évite de faire des comparaisons.
Et de deux, le cerveau, c'est comme les parachutes, ça fonctionne mieux ouvert.
Et de trois, écoutez d'abord l'album, après vous pourrez vous permettre d'exprimer une opinion.

A ce propos, là voici de mienne, d'opinion: Pas mal, pas mal du tout même! Moins métal que les précédents opus, plus "mélodique" mais toujours avec des guitares profondes et des basses à l'emporte pièce... et toujours quelques airs de synthé, plus quelques surprises, comme de l'accordéon!

Cet album devrait cartonner en Europe Centrale et Nordique, reste à savoir si la partie latine sera à la traîne. Bon allez, je me le rééecoute une troisième fois, manière :)

27 septembre 2004

Sondage

(le 70ème jour)

Vous voulez vous fabriquer un sondage vite fait bien fait? Alors allez faire un tour sur www.myquickpoll.com. Un site en anglais, certes, mais qui permet de créer facilement et rapidement un sondage. Par exemple: Sondages, pour ou contre? (Les résultats sont ici) Bon, là, je l'ai fait en anglais, mais ce n'est en rien une obligation! A mettre dans les Favoris donc, cela peut-être utile...

19 septembre 2004

La Conscience...

(le 62ème jour)





Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas de la montagne en une grande plaine;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : "Couchons-nous sur la terre, et dormons."
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil grand ouvert dans les ténèbres
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
"Je suis trop près", dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil ; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
"Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes."
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'oeil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
"Cachez-moi!" cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond:
"Étends de ce côté la toile de la tente."
Et l'on développa la muraille flottante;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb:
"Vous ne voyez plus rien?" dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses fils, douce comme l'aurore;
Et caïn répondit : "Je vois cet oeil encore!"
Jubal, père de ceux qui passe dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : "Je saurais bien construire une barrière."
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit : "Cet oeil me regarde toujours!"
Hénoch dit : "Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons."
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Énos et les enfants de Seth;
Et l'on crevait les yeux de quiconque passait;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes;
Sur la porte on grava: "Défense à Dieu d'entrer."
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre;
Et lui restait lugubre et hagard. "Ô mon père!
L'oeil a-t-il disparu?" dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit: "Non, il est toujours là".
Alors il dit: "Je veux habiter sous terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien."
On fit donc une fosse, et Caïn dit: "C'est bien!"
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur une chaise dans l'ombre
Et que l'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Victor Hugo


14 septembre 2004

En passant...

(le 57ème jour)

"Ça c'est un homme qui a des couilles au cul, dommage que ce ne soit pas souvent les siennes" (Clémenceau, sur le Maréchal Lyautey).

4 septembre 2004

La vie est une poubelle, qui fait des bulles en chantant

(Le 47ème jour)

Le blog ne serait finalement qu'une psychothérapie de substitution, où l'on prendrait le monde entier comme psychologue.

Pourquoi tant d'entre nous sont si mal dans leur peau? Facile, parce qu'ils peuvent se le permettre. On a beaucoup moins d'états d'âme quand on doit se battre tous les jours pour pouvoir manger, ou se trouver un abri pour la nuit... Ce sont paradoxalement les améliorations de notre quotidien qui nous donne le temps de penser a ce qu'il se serait passer si...ce qu'on aurait pu faire...ces regrets, ces remords...
Doit on alors faire ce postulat que le bonheur ne dépend pas des conditions réelles de notre vie? Qu'il est plus facile d'être heureux dans des situations de merde? Hon-hon, pense pas. Je me demande même si ce n'est pasd notre esprit qui s'adapte, que la souffrance et la peine lui sont aussi nécessaire que le sommeil, et qu'il se débrouillera pour en avoir sa part, quitte à l'inventer de toute pièce. Hé! La moitié de la population mondiale survit avec moins de 2$ par jour, et nous autres, pauvres occidentaux avachis devant nos télés et nos plateaux repas, nous osons nous plaindre? Avec un regard absolu, global, c'est quasiment incroyable, et ce littéralement. Et pourtant.

Certains postulent que l'Enfer n'est pas une invention de l'esprit, et qu'il est bien réel, et qu'il est ici, sur cette Planète. C'est probablement vrai dans pas mal d'endroits, que ce soit dans cette école d'Ossétie du Nord où tant d'enfants viennent de mourir, dans les camps de réfugiés du Darfour, à Kirkouk touchée par un kamikaze...et tout ça pour ne parler que des atrocités à la mode, celles qui ont le droit à une couverture médiatique... Oui, le Monde est plein de méchanceté.
Certains maudiront Dieu pour autant de malheurs. Mais le responsable, c'est bien l'Homme, le plus salopard de tous les salopards d'animaux. Pour une Mère Thérésa, combien de Klaus Barbie? Qui de nous ici peut se dire un Saint, et n'être pas sûr d'être rangé par quelqu'un d'autre dans le rang des enfoirés? Qui n'a jamais fait le mal?

Des fois j'en viendrais presque à souhaiter une petite guerre thermonucléaire généralisée, histoire de régler tous les problèmes une bonne fois pour toute, et qu'une autre espèce reparte à 0 d'ici quelques millions d'années.

Ouais, ouais, ca ira mieux demain. Et ce soir, c'est déchirage, et de compétition.

3 septembre 2004

War Nerd

eXile - Articles by Gary Brecher

Gary Brecher, alias le War Nerd (qu'on pourrait traduire à peu près par "le fou de guerre"): Un américain qui écrit pour un site russe. Un lascar très cynique, qui joue sur la corde insensible, mais bien renseigné et à mon humble avis un bon analyste des situations de crise. Ames sensibles s'abstenir, mais esprits curieux et ouverts, ça vaut le coup d'y jeter un oeil, voir deux.
Par contre, le reste du site n'est à mon goût vraiment pas terrible: un mélange de nationalisme pro-russe saupoudré de culte de la personnalité néostalinien, pardon, putinien...à voir, manière, mais pas de quoi s'attarder. [edit] Ou alors serais-je passer à côté d'une certaine ironie? Je me pose encore la question...à vous de juger [/edit]