29 décembre 2004

M'sieur Larcenet

Monsieur Larcenet n'est pas n'importe qui. Monsieur Larcenet (Manu pour ses proches) est dessinateur à Fluide Glacial, le journal d'Umour et de Bandes Dessinées. Bill Baroud, La légende de Robin des Bois, les superhéros injustement méconnus, c'est lui. Et comme si ca ne lui suffisait pas d'être un auteur de talent, en plus Monsieur se crée son propre site web. En plus Monsieur bloggue. En plus Monsieur a des sites officieux de fans.

On attend avec impatience la sortie de son premier CD.

La réflexion philosophique du jour: "What makes us different from animals is we don't use our tongues to clean our own genitals" (Rimmer dans Red Dwarf -episode 3, saison 1: Confidence and Paranoia)

Ohne Dich - Sans toi



Ich werde in die Tannen gehen
Dahin wo ich sie zuletzt gesehen
Doch der Abend wirft ein Tuch aufs Land
Und auf die Wege hinterm Waldesrand
Und der Wald er steht so schwarz und leer
Weh mir, oh weh
Und die Vögel singen nicht mehr

Ohne dich kann ich nicht sein
Ohne dich
Mit dir bin ich auch allein
Ohne dich
Ohne dich zähl ich die Stunden ohne dich
Mit dir stehen die Sekunden
Lohnen nicht

Auf den Ästen in den Gräben
Ist es nun still und ohne Leben
Und das Atmen fällt mir ach so schwer
Weh mir, oh weh
Und die Vögel singen nicht mehr

Ohne dich kann ich nicht sein
Ohne dich
Mit dir bin ich auch allein
Ohne dich
Ohne dich zähl ich die Stunden ohne dich
Mit dir stehen die Sekunden
Lohnen nicht
Ohne dich
J'irai me promener entre les sapins
Là où je l'ai vu pour la dernière fois
Mais le soir fait tomber un voile sur la terre
et sur les chemins suivant les lisières
Et la forêt est si sombre et vide
Hélas pauvre de moi
Et les oiseaux ne chantent plus

Sans toi je ne peux pas être
Sans toi
Avec toi je suis seul aussi
Sans toi
Sans toi je compte les heures sans toi
Avec toi les secondes sont arrêtées
Ne valent pas le coup

Sur les branches dans les fossés
C'est maintenant silencieux et sans vie
Et la respiration me devient si difficile
Hélas pauvre de moi
Et les oiseaux ne chantent plus

Sans toi je ne peux pas être
Sans toi
Avec toi je suis seul aussi
Sans toi
Sans toi je compte les heures sans toi
Avec toi les secondes sont arrêtées
Ne valent pas le coup
Sans toi

- Rammstein -

C'est le dernier single extrait de Reise, Reise. Ah, ça, je vous avais dit que cet album valait le coup. Je sais bien que ça ne va pas être simple, mais essayez de voir le clip qui va avec. C'est un vrai petit court-métrage (allez voir ici, avec du bol, le lien est toujours actif).

27 décembre 2004

Babylon Babies (II)

"[...] Dans une ville comme Montréal, et depuis longtemps, comme sans doute dans bien des métropoles du monde occidental, les filles de sa catégorie ménent la danse concernant l'approche sexuelle, dans un bar, dans un party, elles ont juste à attendre, et la liste est plus longue qu'une line-up devant une boîte à la mode.
Si la fille est réglée comme une horloge atomique, elle va vous laisser entre cinq et vingt minutes selon les cas pour l'intéresser au moins une fois, la faire rire au moins une fois, avoir su l'écouter au moins une fois sans regarder vers les courbes troublantes de son décolleté vertigineux, mais en sachant sonder la profondeur de son esprit, ou de sa sensibilité, et lui avoir offert au moins une fois la perspective de quelque chose de concret à se mettre sous la dent, une virée en bateau, un billet au concert de Trucmuche et ses Machinchouettes, une ligne de cocaïne naturelle non trafiquée, une party avec des DJ stars et une piscine à vagues, voire même une bibliothèque bien fournie. Si vous gagnez le ticket, vouz aurez le droit d'y revenir une seconde fois dans la soirée, et ainsi de suite, dans un numéro de sélection darwinienne spontanée qui ferait trembler les émules de Konrad Lorenz."

22 décembre 2004

Pourquoi M. Serge Dassault est un menteur

J'ai entendu récemment M. Dassault sur France Inter affirmer que la défaite de 1940 était la faute des socialistes et du Front Populaire, qui avaient empêché la France d'avoir assez de chars d'assaut pour contrer l'offensive allemande.
Déjà, il me paraît étonnant qu'un homme condamné à deux ans de prison avec sursis pour corruption puisse avoir l'indécence d'ouvrir sa gueule sur des affaires morales, même s'il est sénateur, magnat de la presse et patron d'Industrie ("Merci Papa!"). Mais bon, dans notre époque de média-spectacle, plus rien n'est vraiment étonnant quand on aborde la décence morale.
Revenons maintenant à son accusation, qui n'a d'ailleurs rien de nouveau et a été maintes fois énoncée par les partis de Droite, bien heureux de faire ainsi oublier leur accointance avec Pétain et le régime collaborationiste de Vichy. Avant l'offensive de mai 1940, la Wehrmacht alignait à peu près 2 500 chars, Panzers I, II, III et IV et chars d'origine tchèque 35T et 38T. Excepté le PIV équipé d'un 75mm à canon court, ils sont armés au mieux d'un canon de 37mm (une simple mitrailleuse pour le PI, un canon de 20mm pour le PII). En face, les Français alignent à peu près le même nombre de blindés (et même le double si l'on compte les vieux FT17 datant de la Première Guerre Mondiale). Question qualité, certains sont supérieurs aux blindés allemands, que ce soit les 300 Somua S35 équipés d'un 47mm antichar très performant ou les 400 B1 bis qui n'avaient pas d'équivalent dans les PanzerDivisionen. Certes, ils avaient leur défaut (techniquement complexes, chef de char servant également le canon...) et les R35 ou H39 les accompagnant ne valaient sans doute pas grand chose. Comme les PI et PII.
La défaite n'est donc pas lié tant aux matériels qu'aux doctrines. Comme souvent au cours de notre histoire, nos chefs militaires avaient une guerre de retard, et s'attendaient à refaire 14-18. Et même si un visionnaire comme de Gaulle avait prédit les formes de combat futur, seuls les Allemands suivirent les doctrines de Guderian et appliquérent la Bitzkrieg, la Guerre-éclair.
La Guerre était-elle perdue d'avance? AMHA, probablement pas. Mais ce sont nos officiers généraux qui l'ont perdu. Et oui, M. Dassault, pour l'Histoire, révisez un peu, ça vous évitera peut-être de proférer ce style de conneries.
Oh, et à ceux qui disent que les soldats français se sont lâchement enfuis face aux nazis: en 6 semaines, l'Armée Française compte 120 000 morts, des taux de pertes comparable aux plus grandes batailles de la Grande Guerre.

20 décembre 2004

Babylon Babies

C'est le livre que je suis en train de dévorer, entre deux niveaux de Return to Castle Wolfenstein, ou de l'art de shooter du SS en 3D (le pied!). En étant au tiers (je parle du bouquin), il y a peu de risque que je vous dévoile toute l'intrigue. Donc vous pouvez continuer à lire, pas de risque :)

Encore un livre de Maurice G. Dantec me direz vous. Certes. Et dans la lignée de ses précédentes oeuvres, d'ailleurs. Une sorte de synthèse entre "La Sirène Rouge" et "Les Racines du Mal", comme une suite à ces deux romans. On y retrouve certains des personnages, avec en tête de liste Hugo Toorop, 20 ans après. Il y a aussi toujours ces thèmes, dans l'ordre (quel ordre? Celui de la liste ci-dessous. Il en vaut bien un autre, par son existence même): la Connaissance, la Guerre, la Folie, le Chaos maternel, le traitement de l'information, le cannabis, ce mélange de dégout et d'amour des hommes, Sun-Tsu et Bill Gates.
Dense, barré, captivant. Si M. Dantec est à l'image de ses livres, c'est une personne que j'aimerai vraiment rencontré un jour. Autour d'un bon spliff d'Orange Bud surpuissante ;-P
Peut-on dire alors que ce nouvel opus est un remake, une redite? Non, pas exactement. Déjà, l'auteur a intégré la Mondialisation à son échelle. L'action limitée à l'Europe Occidentale dans les deux premiers livres est maintenant mondiale, et se déroule sur plusieurs continents. Des thèmes esquissés sont ici plus largement développés et de nouveaux apparaissent, comme la religion, l'influence du biologique, le choix ou la prédestination.

Au final, c'est du Dantec. Et du bon.

14 décembre 2004

Expressions d'autrefois

Maintenant que l'on en est à la globalisation, les patois et expressions d'autrefois disparaissent petit à petit de nos mémoires collectives, avec les derniers vieux porteurs de ce savoir de nos campagnes.
Histoire d'en garder trace sur le Grand Réseau, je collecte ici quelques locutions issues du Perche, une petite région magnifique si pluvieuse, aux couleurs magnifiques l'été, juste dommage qu'elle soit peuplée d'autant de connards (avis personnel, on a bien sûr le droit de ne pas être d'accord...). Allez zou, c'est parti, en version phonétique:

  • Le temps s'abernaudit, va chore une r'napée: Le temps se gâte, il va tomber une averse.
  • Va t'chier à Manou en passant par La Ferrière! : Va te faire voir! (note: Manou est un petit village d'Eure et Loir, et y aller en passant par le lieu dit de La Ferriére (commune de Fontaine-Simon) est faire un détour)
  • Vaut mieux laisser son gnâs morveux que d'lui arracher l'nez: Le Mieux est l'ennemi du Bien.
  • C'te berlot est pas ben ahoindu: Cet imbécile n'est pas très fin.
  • Elle tient mieux sur l'dos qu'une bique sur ses cornes: Se dit d'une personne un peu large

Et ce proverbe, dont je ne connais pas l'origine:

  • Ce n'est pas quand on a fait dans les draps qu'il faut serrer les fesses

Ah, qu'il était vert, le langage de nos ancêtres!

La citation du jour:
Wir müssen leben bis wir sterben (Rammstein - Dalaï Lama)

3 décembre 2004

Sommes nous tous des Ukrainiens?

Voici maintenant presque deux semaines qu'une partie du peuple d'Ukraine occupe les places publiques pour protester contre le trucage des dernières élections présidentielles.
Si l'on parle pas mal de ces événements dans nos actualités, le silence de nos dirigeants et hommes politiques est assourdissant. Peut-être ont-ils trop peur de se mettre à dos Putin, qui apparaît une fois de plus comme le digne héritiers des maîtres rouges du Kremlin?

Si l'on veut éviter que les USA soient les seuls maîtres à bord, il serait plus que temps que l'Union Européenne commence à intervenir sur son propre continent de manière un peu plus décisive. Ou alors on baisse les bras, et on ferme notre gueule quand un neo-con (j'adore ce terme) décide de mettre une autre partie du monde à feu et à sang, ou on se bouge. Difficile de trouver un moyen terme sans faire preuve d'une bonne dose d'hypocrisie.